05 mars 2008

Indélibiles qu'ils sont !

 

Ca aurait du commencer comme une rétrospective des bons moments passés avec X et Y, une rétrospective agrémentée de photos ici et là des anciens collègues de travail, des amis que je ne vois pas assez, voire plus du tout. J’aurai du revisiter l’ensemble des albums photos dont regorge le disque dur. Une pointe de cynisme aidant, j’aurai publié les photos qui mettent le moins en valeur mais qui font toujours sourire. Puisque ces photos figent tout un tas de protagonistes au sourire parfois si éclatant qu’ils pourraient en faire pâlir les publicités pour email diamant. J’aurai pu faire ça : pimenter de commentaires.

J’ai revisité le disque dur. Durant telle soirée il c’est passé ça. Durant telle autre, un tel a dit à une autre ceci. Ça a bien fait rire celui de gauche, mais ça a rendu celle de droite tristounette. Les photos parlent.

J’ai revisité le disque dur. Et je veux préserver ces moments, les garder pour moi, avant que le temps ne me vole tout. Je vais regarder ces photos jusqu’à atterrir dans un point de somnolence prononcé qui m’amènerait tout droit à mes rêves. J’y retrouverais tous ces visages qui marquent. Tous autant Indélébiles qu’ils sont. Je retournerais dans une ville pourrie avec ma collègue, pour qu’on puisse de nouveau se rouler dans le sable, manger des gaufres au chocolat le matin, boire du café à la vanille, et manger d’autres saloperies jusqu’à frôler l’indigestion. On oserait le look gothique le temps d’une journée pour faire trembloter les narines de notre boss. Toujours dans ces rêves, je retrouverais un ami. Il ne serait pas parti vivre à l’étranger, et dans l’insouciance la plus totale, on pourrait rire de tout comme avant. J’y retrouverais « le trio » et on se ferait de nouveau une soirée chinoise, concoctée par mes soins, personne ne mangerait rien, et mon T Shirt finirait encore taché par une bataille de « bombes pour chiottes ».

Je rentrerais dans tous mes anciens appartements, tous à la fois, comme il est uniquement possible de le faire dans ses propres rêves, et je pourrai redécouvrir la disposition de tel objet, et aussi celle de celui-ci. Ce poster était vraiment hideux (il faudrait vraiment que je le retrouve !). Dans ces rêves, je me prendrai un condensé de fou rires, de doutes, d’envie, d’engueulades aussi, résultant des soirées halloween, nouvel an, anniversaire, des semaines toulousaines, et des soirées crêpes. Je reverrai certains se faire bousculer dans les escaliers d’une boîte de nuit, je revisiterai les conversations échangées avec certaines sur nos débâcles sentimentales. Je reverrai d’autres camoufler le désastre d’une soirée trop arrosée, planquer les lattes brisées des canapés.

Je comprendrai même, si le réveil ne sonne pas trop tôt, et avec du recul, pourquoi j’ai substitué la casserole orange de ma grand-mère contre un vieux pull pourri à la princesse…to The T, to the R, to the …cesse !! (((« Cesse donc.  Bla bla bla. Tu nous emmerdes avec tes jérémiades. Et ta nostalgie nous passent bien au dessus de la tête mon brave, on s’en fouuuuuuu ». Pour le peu de personnes qui lisent encore ce blog et qui penseront en ces termes, je justifie la réciprocité de leurs pensées par l’utilisation des mots « certains et certaines ». )))

Je comprendrai, toujours au travers de ces rêves, pourquoi certaines personnes ne peuvent aujourd’hui plus s’adresser la parole, pourquoi d’autres ne sont pas restées ensemble, pourquoi on s’habillait si bizarrement, pourquoi on ne nous a jamais jeté de cailloux, et surtout, je comprendrai pourquoi, aujourd’hui, avec le recul, certains, certaines, sont restées, là ou d’autres sont parties. Je comprendrai. Ou pas.

Finalement, ma vie n’est sans doute pas si différente de la vôtre, sans doute pas plus palpitante, sans doute pas plus ennuyeuse. C’est peut être ce qui s’appelle simplement vivre, comme une fourmi au contact de tant d’autres.

J’ai revisité mon disque dur, et je me résigne à ne pas publier toutes ces photos, justes quelques seules suffiront, ...

Le temps m’a déjà beaucoup pris, tous indélébiles qu’ils sont, aussi débile que j’ai pu l’être de laisser s’instaurer une telle distance avec certaines, et certains.

Un jour, cette nuit, je retrouverai l’insouciance. On arrosera tout ça.

Ce soir, j’ai revisité mon disque dur. Et dure est la chute.

05 avril 2007

Vos compétences nous intéressent.

Votre candidature a été retenue !

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Recherchons personnes motivées sachant convaincre.

Nous y voilà les gens. Début avril. On est des grands. Il y a une semaine et deux jours, on a suivi le dernier jour de cours de notre vie. On a attendu ça depuis si longtemps : sur les vieilles chaises pourries du lycée, sur les bancs de la fac, certains avaient même débuté une belle carrière avant de se joindre à nous. Mais nous y voilà, les gens.

On est des grands. Mais il va falloir le prouver. Hein, les gens, qu’on était une classe au sacré tempérament. Les Ressources Humaines, ça forge la personnalité.

6 dossiers en commun plus tard, après avoir passé des coups de téléphone à qui on pouvait pour chopper des entretiens, on ne se sera finalement pas entretué. Il y a eu des tensions. C’est normal. Ils étaient exigeants au recrutement. Ils nous ont choisis…différents, mais complémentaires, potentiellement et professionnellement parlant. On est des grands à présent. Et la dernière soirée, elle aussi en commun après cet exam de droit de seulement 4 heures a un peu sonné comme un au revoir. Mais voilà les gens, il y aura eu des doutes, des surprises, des rires, et encore des doutes, mais encore des rires.

Pour une fois, je me suis retrouvé avec des gens comme moi. Qui parlaient comme moi. Qui étaient parfois chiants, comme moi.

Comme moi. Alors pour nous, les gens, j’ai pris quelques photos. Pas trop de nostalgie quand même. Après tout, on est grands.

 

31 décembre 2006

MAIS POUSSE TOI IDIOTE !

Oui, pouvez vous apporter un cendrier ?

Pfff, mais comment peuvent ils pleurer ? Comment osent ils pleurer ?

Non, non, il n’y a pas de chute, enfin pas de méchante, t’as peur ?

Mh, Marie Charlotte ! Marie Sandrine ?

Vos gueules ! Vos gueules !

On voudrait être au premier rang, c’est possible.

Non, ne me pousse pas hein.

Tu peux essayer de faire partir l’eau de la baignoire ? Je n’y arrive pas…

Oui, c’était BIEN, mais c’était trop court.

Et la boule, t’as vu ta gueule ?!          

M’enfin, tu n’arriveras jamais à manger tout ça !

On dirait qu’on va s’attabler à quinze !

Viens, on demande un autographe au monsieur à l’écharpe rouge.

Le savon est collé !

On va dans les toilettes de d’habitude ?

J’ai froid, là maintenant, j’ai vraiment froid…

Mais pousse toi idiote !

 

Moi et mon Space Mountain.

Tout ça, condensé, …tout ça, ça restera gravé…

Le temps passe trop vite parfois. Un goût de pas assez. Encore.

Moi et mon Space Mountain,

Des fragments de rêve…

J’aimerai bien faire un louping quelques jours en arrière.

 

 

 

27 juin 2006

Je me souviens ...

    Je me souviens du premier jour. Presque comme si c’était hier. Pas ici et là, et pas là-bas non plus. Non, c’était chez lui. Il m’a ouvert la porte et j’ai eu le ridicule sentiment d’avoir oublié mon CV. Il m’a serré la main, m’a invité à entrer dans la pièce pratiquement déserte. Ma légendaire maladresse ne sera pas mise à épreuve cette fois, c’est déjà ça de gagner ! La scène était des plus cocasse. Il était habillé de façon étrange. Un peu comme si le temps imparti à la préparation physique de ce premier RDV l’avait restreint à se vêtir façon fast food…un peu débraillée.

    Prenons donc place dans cet appartement où le seul mobilier réside en un matelas une place, posé par terre et où tout reste à faire. Asseyons nous ! On n’est pas venus pour danser ! Le tas de planches de parquet encore sous cellophane fait office de table, et pendant qu’il prépare un thé dans ce qui sera la future cuisine, je passe mes yeux à travers la fenêtre. Les murs sont vides, son regard plein de curiosité. Il regarde mon profil gauche. Je regarde ses poignets. Les chaussettes en boulettes (pour créer l’illusion quasi parfaite qu’il porte des mitaines) laissent présager une personnalité assez décousue… mais intéressante. Les yeux sombres fixent les miens. Ses longues mèches noires sont coiffées à la n’importe comment pendant que les miennes trahissent un travail d’architecte d’une moins une heure dans la salle de bains.

    Tu te dis que j’ai mis trop de gel hein ?? Que je serai bien plus beau au naturel ? Je m’en fou, ton thé est  dégueulasse ! Quatre cigarettes plus tard, ils parlent toujours … il crame un bout du cellophane…et voila une pastille noire qui décore la planchette de parquet. Il essaie d’infiltrer son regard entre les mèches pendant que je réalise qu’il devient intriguant. L’entretien est terminé. Il me sert la main, façon « nous vous contacterons ». Je lui aurai bien arraché une mitaine pour voir s’il s’agissait de vraies chaussettes en boule.

 

    Je fus contacté de nouveau dans un appartement qui au fur des visites a pris une forme plus conviviale, plus chaleureuse. Je ne mets plus autant de gel dans mes cheveux. Il ne fait plus de thé dégueulasse. J’ai eu la confirmation qu’il s’agissait bien de chaussettes…mais il ne les met plus, donc je suis obligé de me noyer dans son regard. Son appartement s’est peu à peu remplit et j’y ai peu a peu pris mes habitudes et comme au premier jour, je regarde toujours par la fenêtre.

 

    Plus tard, c’est son tour d’admirer le terrain de bataille qui sera mon futur chez moi ! Ça fera beau tu verras… On aime la couleur rouge. On aime le blanc. Les objets décoratifs couleur métal… je vais mettre çà comme çà, çà là, et ce truc là, là-bas. Oui, je changerai sans doute dans deux semaines. Nous avons chacun un chez soi plutôt sympa. Dans ma salle de bains, on comptabilise deux brosses a dents. L’une nettement plus usée que l’autre. Tout vient à point à qui sait attendre.

 

    Ca me fait penser à la comptine du lièvre et de la tortue…

    Ca nous amène à d’autres souvenirs. Un nouveau petit flash back s’impose … la fiévre satirique me démange … ça sera pour une autre nuit.  On vous recontactera ...