17 février 2008

POR FAVOR, BULLEZ MOI

 

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La Collègue « 1 » s’en va en congés maternité, elle revient chercher son pull. Une autre collègue (2) l’interpelle en lui faisant remarquer qu’il n’est nul besoin d’embarquer toute la lingerie laissée en lieu et place de son ancien bureau, dans le sens ou de toute façon, au point où elle en est (X kilos de plus autour de la taille), elle ne rentre plus dans sa veste…(pas tord…). Personne n’a remarqué ce jour le là un détail…

Le fait que mon frangin plaisante autour du fait qu’en cas de grosse faim et qu’en cas de subite pénurie alimentaire mondiale, on pourrait faire rôtir mon chien, rajoutant une deuxième couche (« ceux qui aiment la cervelle seront déçus !! »)… signe carnivore ? Mais est ce là encore un code, un détail ? Après tout, certains se font bien du pied sous la table, des clins d’œil qui la plupart du temps n’échappent à personne…Mais qu’en est-il de ces détails qui semblent échapper à la prise de conscience des convives ?  

*****

J’ai un problème avec mes hémisphères. Le courant ne passe pas bien entre les deux. Comme j’exclue d’office le fait qu’il puisse tout simplement en manquer un…je vais tout simplement présupposer qu’il manque des connexions.

Je retiens des détails qui présentent  la particularité d’être tout aussi anodins qu’ils sont ridicules. Je pourrai profiter d’une soirée agréable. Mais je me souviendrai qu’un tel s’est curé le nez de façon moins discrète qu’il ne le pensait, qu’une autre avait des cernes plus prononcées sous l’œil gauche que sous l’œil droit. La fouine que je suis se met subitement à scruter la trajectoire délurée des bulles de champagne au cours d’une autre soirée. Les bulles, enfin libérées de cette bouteille suite à la  désolidarisation de ce maudit bouchon, bouchon qui, une fois de plus, a encore failli atterrir sur le coin de la tronche, et le tout pour un détail qui tranche la conversation et laisse planer un vide. Une sorte de succession de « points suspendus », mais verbale, qui flotterait, invisible, mais palpable. Les bulles de champagne sont plus affolées, plus enivrées, plus fines, et plus rapides à remonter à la surface quand le verre est plein que lorsque le verre ne contient plus que quelques gorgées. Quand je pense qu’à 4 ans je faisais le tour de la table de la salle à manger après un repas familial pour récurer les fonds de verres et qu’il m’aura fallu 20 ans de plus pour saisir ce subtil détail relatifs aux bulles, détail dont tout le monde se fou… Mais voilà. Ce soir là, celui des dernières bulles en question, je me suis dit que la vie d’une bulle n’était pas si mal. Une seule destination pour plusieurs trajectoires (Une bulle ne peut pas descendre. Mes connaissances en matière physico-chimiques demeurent bien trop limitées pour développer plus amplement, mais ca apparait comme étant une évidence). Honteux d’accorder tant d’importance à ces foutues bulles, on recentre la vision sur le contenant et non plus sur le contenu. La paroi du verre renvoi le reflet de la main qui s’empare du dit verre et qui tente de saisir la vie de toutes ses bulles. Stupéfaction. Cette main gauche est-elle la mienne ? Ces veines qui s’entrecroisent en ce point bien précis sont bien les miennes…

Les gens normalement constitués, n’ayant aucune prédisposition suicidaire ni aucun antécédent maniaco-dépressif ne devraient pas regarder leur main de cette façon là. Pourtant ce croisement de veines est là. Surprenant à mes yeux. Comme autant des gens qui se croisent et qui s’entrecroisent de nouveaux au cours d’une vie, qui se cabossent et qui se fondent parfois…. Nous menons notre petite vie de bulle. Avec cette dose d’incertitude qu’est la trajectoire parfois scabreuse pour finalement arriver on ne sait trop où… la destination n’est parait elle pas si importante. Le chemin, lui, l’est.

Alors j’avoue que mes absences ont parfois la fâcheuse tendance à instaurer tel un vide au sein d’une conversation, et qu’elles confèrent à cette dernière  un soudain revêtement de « futile ». Il faut bien reconnaitre que surprendre le maladroit, peu pudique, en train de se curer le piff de façon peu pudique et constater une dissymétrie flagrante dans le marquage des cernes d’une autre n’a pas grande incidence dans la vie quotidienne. Mais je me surprends moi-même à utiliser ces « autres petits détails » tel un calque pour ma propre vie. Et pour expliquer des choses, des actes, des mots, qui ont, au sens commun, plus de consistance. Quitte à vivre dans la mienne (de bulle), je vais garder ces petits rien de petits détails, pour moi, bonne fouine que je suis. J'ai un problème avec mes hémisphères, alors, por favor, BULLEZ MOI.

 

16 avril 2007

Zhumain.

C’est robuste un zhumain. Ca se lève, mange des cochonneries chinoises, ou japonaises, selon les gouts. Bourré de saloperies. Indigestion gastrique garantie, mais zhumain se relève.

Ses parents meurent, il se relève, encore. Pourtant, ils étaient à l’origine même de sa présence. Ils étaient le pourquoi, et connaissaient le comment. Mais zhumain est debout. L’important, c’est la suite. Logique la suite. Le regard fixe, il attend l’étape suivante.

Ca rencontre d’autres zhumain aussi. Ca en choisis un, un parmi tous. Ca créé des liens. Des joies et des doutes plus tard, ça se couche, une larme au coin de l’œil. Indigestion sentimentale. Mais le zhumain est fort. Robuste. Il se relève, toujours.

Zhumain perd son job, se bat, se vend, pour en trouver un autre. Zhumain court après sa réussite professionnelle. En réalité, il a compris que plus il courrait vite, plus vite sécherait cette larme. Zhumain court après ce cœur qu’il n’arrive pas à toucher, à émouvoir, à remplir.

Zhumain, toujours fort, va se dire qu’il s’agira d’événements destinés à le rendre vaillant, plus apte à surmonter les futures épreuves. Zhumain. Debout. Fort. Encore. Zhumain sait qu’il détient l’avenir. Le pouvoir.

Le pouvoir de faire changer les choses, car il a le passé à sa disposition comme outil et comme carapace, un bouclier pour les futures attaques. Contre attaque pour le zhumain. Debout. Un soldat. Il lui a été appris de rester debout. Donc il va rester debout. Regard perçant. Robuste. Il comprendra le pourquoi. Le comment aussi, et il comprendra la suite. Robuste, comme un Zhumain.   

10 avril 2007

OrgAmisQuEmenT !

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Je vous promets monts et merveille.

Des voyages à l’infini, des étoiles aussi.

Des fous rires à vous en arracher la mâchoire, à foncer aux toilettes

Des larmes oui, mais des larmes de bonheur.

Des voyages qui vont chavirer l’esprit, le corps, le cœur,

Des étreintes sexuelles, longues, truffées de caresses.

Un souffle ici, dans le coup, pour commencer, puis là, pour ne jamais finir

Une évasion totale, tout ça sans compter le temps qu’on dépensera.

Une complicité. Simple, mais nécessaire.

Jusqu’au plus profond de vos tripes, vous sentirez cette étreinte.

Une simplicité dans des actes sauvagement engagés, mais soigneusement dirigés,

Et dans le discourt, des mots doux, des murmures, encore un souffle, d’extase cette fois

Une nécessité. Du bruit, puis du calme. Apaisé, c’est avec le sourire que vous me regarderez.

 

Tout ça, avant que de votre rêve, je ne vous réveille,

Avant que je n’y coupe court.

Que vous réalisiez que vous êtes seuls. Que vous n’avez pas quitté ce lit dans lequel vous chialliez hier soir encore.

Que les caresses n’avaient pour égal qu’une imagination débordante, une soif de tendresse abandonnée à la douce folie sentimentale.

Que le temps passe et que vos cernes ne cachent plus ce que vous cachiez derrière vos sourires et vos yeux pleins d’eau.

Que la complicité n’est qu’une miette desséchée qui reste coincée au fond de la gorge.

Que rien n’est simple. Que les mots doux ne sont que des cris que personne n’entend, surtout pas lui.

Que le souffle est une tempête qui s’abat sur votre paysage paradisiaque.

Que les discours n’ont jamais apporté d’étoiles, mais que vous avez filé derrière un brouillard de confusions et d’espoirs inassouvis.

Que la vie orgasmique dont vous rêviez n’est que déchéance.

Que le calme n’est que votre jouissance étouffée.

 

Tout ça, avant que je ne vous fasse bouffer vos rêves.

C’est promis, c’est juré, c’est craché, je vous promets monts et merveilles.

Tout ça, avant qu’il ne me réveille de ce monde où je m’étais noyé.

Lui, ce poison. L’ange gardien aux bonnes intentions volatilisées.

 

Entendre, comprendre, voir, toucher, ressentir, s’émerveiller, découvrir.

Et aussi,

Goûter.

Aimer.

Tout çà, le temps d’un rêve…

 

Ca fait Suffoquer.