18 septembre 2009

Ils arrivent

Alice, Morgan, Miss Air France, le petit aux tâches de rousseur, l'infirmière et l'entraîneur, tous prennent de l'épaisseur, du relief. Dans un univers finalement pas si éloigné du notre, au fils des mots, l'incohérence paramétrique présupposée prend forme.

Manque le point de chutte...

06 juin 2008

Ca mousse.

Des soirées comme ça. Exactement comme ça. A ne pas s’engueuler. Ne pas s’engueuler pour un rien. A partager des souvenirs. Il faudra se souvenir de ce souvenir. De cette soirée. Une soirée qui rappelle que l’on n’est pas fait que pour s’engueuler. Que cohabiter a d’excellents côtes. Simples. Paisible. Que même si l’on est ensemble que depuis un an, il y a tellement de rebondissements dans nos vies respectives que l’on a l’impression d’avoir traversé plus de temps ensemble. L’impression de s’être toujours connu. Comme un enchaînement logique. Les incompréhensions du quotidien plongent souvent dans la querelle...à tord, mais... A tord ou à raison, la collocation, comme au premier jour, comme ce soir, et comme demain j’espère, c’est bien. Cette soirée fait du bien. La collocation, ça a aussi, et surtout, du bon, et je ne parle pas que de la mousse au chocolat.

 

One day, or another….. Lalalalalaaaaa.

26 janvier 2008

SLIDER

Gauche droite. Une vie de dérapages. Certains contrôlés, d’autres moins.

 

Mon dernier virage date d’il y a une semaine. Jour pour jour (ou persque), j’ai changé de boulot. Après avoir considérablement contribué au bénéfice de LA POSTE en envoyant pas moins de 200 candidatures (bon, peut être moins…vive le net !) j’ai enfin trouvé un job dans ma branche. Je passe d’une plate forme de recouvrement d’une trentaine de personnes à un petit cabinet, avec des petits bureaux, et une petite équipe de 4 personnes. L’ambiance est loin d’être similaire à ce qui constituait le quotidien. Costume/cravate de rigueur et ton posé pour ce poste où je suis chargé de recrutement. L’ironie est d’autant plus marquante quand je réalise qu’il aura fallu attendre 6 mois après l’obtention du dernier diplôme pour décrocher ce job en adéquation avec mes attentes ! Les lacets de mes chaussures se défont toujours, ma cravate m’étrangle en fin de journée, et le look sage me donne des envies de m’habiller comme un sac le WE, …mais il faut oublier les considérations esthétiques, et se dire que rien n’est insurmontable (après tout, je fais de très beaux nœuds de cravate tout seul maintenant !), et surtout que ce nouveau boulot est franchement plaisant… alors, le côté nostalgique résultant du temps passé au précédent job s’estompera petit à petit, même si c’est quand même la bas que j’ai rencontré ma coloc’, mes parents « adoptifs » et toute une ribambelle de gais lurons. La page recouvrement se tourne…moi qui scrutais scrupuleusement l’horloge de l’autre côté, il faut à présent faire bonne figure, ne pas compter les heures sup’, et m’accoutumer à mes nouveaux collègues, qui heureusement, sont très accueillant, et dressent déjà un panel de personnalités que je me délecte par avance de découvrir. SLIIIIIIDERRRR.

 

Parallèlement, j’alimente ma vie en absorbant les derniers épisodes des séries TV. Une vie (sociale) de substitution. Limite pathétique. Mais voilà, eux, les personnages de séries TV, ont toujours un événement imprévu, un quelque chose qui arrive. Enchaîner les épisodes donne un peu l’impression de vivre à leur rythme, et de rattraper tout ce qu’on peut rater à vivre 8 heures par jour dans un bureau de 15 M2. Passer d’une vie à l’autre. Ca laisse rêveur, mais soyons sérieux et lucide, qu’est que je ferai avec 4400 pouvoirs ? et puis qu’est ce que je me ferai chier sur une île perdue, et même si Chad Murray est franchement pas mal (sisi), j’ai dans ma petite vie, tout ce qu’il me faut. SLIIIIDERRR.

 

Il est sans doute parfois sidérant de réaliser à quel point la vie peut changer en un temps record : « si on m’avait dit que dans 1 an… », ben voilà. Rebondir. Faire quelque chose, comme changer de coupe de cheveux, changer la disposition des meubles pour finalement tout déplacer de nouveau à peine trois jours après, mais faire…quelque chose ! Merde ! Une balle rebondissante, c’est très bien ça. Quoi que, au bout d’un moment, elle perd de son élan. Beaucoup de gens veulent changer, mais ne s’offrent pas le risque de le faire. Il faut juste garder une base solide, sinon c’est la gamelle. Alors on va oublier l’image de la balle.

J’aime bien ma nouvelle cravate, j’ai avalé quasiment trois saisons des frères Scott en un temps record, la fumée de la cigarette dessine des vagues, et je ne pouvais m’empêcher une nouvelle fois de finir un article sans passer du coq à l’âne, de raconter n’importe quoi, et en cela, je pense être fidèle à moi-même. SLLIDDERRR.

 

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SLIIIIDER, SLIDEEEERRRR.

01 janvier 2008

Faut-il se réjouir ??

Alors reprenons : le 31. Oui, extra : amis, champagne, buffet. Mais : cauchemar : le 01 janvier.

 Que se passe-t-il ce jour là ? 

Outre le fait qu’il faille nécessairement appeler tata, mamy, pépé machin qui n’a pas desserré les lèvres de toute la soirée de noël voire même qui a cherché à pourrir l’ambiance familiale, et souhaiter, la bouche en cœur SVP,  LA BONNE ANNEE !. Petit conseil pratique pour les inexpérimentés : éviter d’appeler les grands-mères entre 14h et 16h (même le 1er janvier, il ne faut pas louper le feuilleton !), et même s’ils sont en retraite, ne pensez pas qu’ils auront tout le loisir de vous répondre au téléphone. Ne tentez pas non plus de les appeler le 31 janvier au soir à 18h car vous allez vous faire recevoir ! (Oubliez le fait, qu’à la base, nous avons jusqu’au 31 au soir pour présenter nos vœux !).

 

Mais, il y a des aspects positifs. On passera de façon très rapide sur l’épisode où le dépassement du forfait va d’ores et déjà vous mettre dans le rouge avant de pouvoir éventuellement être combler par le peu d’intérêt issu du livret machin (quoi l’année 2007 n’a pas été prospère ??) et on ne misera pas non plus sur le côté radin des grands parents (oui, encore ceux là) pour rembourser ce découvert bancaire.

 

Je disais donc qu’il y avait des aspects positifs : celui par exemple de pouvoir recevoir des textos de personnes qui n’apparaissent pas dans votre répertoire ! Autrement dit des inconnu(e)s. D’un seul coup, la boite de réception se retrouve saturée de messages de bonnes intentions par tout un tas de gens dont vous ignorez l’identité, mais bon, ça fait tout le temps plaisir quand même. Solution pour ce type de configuration : leur faire parvenir (politesse oblige) un texto « standard » et surtout pas trop personnalisé pour éviter que l’illustre inconnu(e) ne vienne à comprendre la supercherie.  

 

La bonne année est aussi l’occasion de renouer le contact avec des personnes « portées disparues ». Présentes (elles !) dans le répertoire, il y avait, durant 364 jours précédents, toujours une bonne excuse plus ou moins avouée en son propre intérieur pour prendre des nouvelles (rancune ? trahison ? déception ? lassitude ? oubli ?). Et là bonne surprise, certaines personnes ne changent pas, et vous renvoient un texto déluré, à leur fidèle image, et c’est toujours un bonheur.

 

Alors mon bonheur à moi se limitera à ça pour la nouvelle année. Evidemment, pas de résolution, si ce n’est de profiter un peu plus des bons moments plutôt que de m’évertuer à vouloir accéder à un univers sans vague et « idéal » dans lequel, finalement, je me sentirai très vite « cloisonné ». Si 2008 pouvait m’apporter ne serait ce que deux fois moins de tuiles par rapport à 2007 pour finalement récolter deux fois plus de bons moments, alors j’en serai pleinement satisfait, et puisque c’est la tradition, et par l’intermédiaire de ce blog, c’est tout simplement ce que je souhaiterai à celles et ceux qui auront eu la patience de lire cet article jusqu’au bout.

 

Comme me l’a dit mon ancienne coloc’ (fidèle à elle-même) : on peut la souhaiter meilleure que 2007 en tout point, et on peut déjà se réjouir : il n’y aura pas de présidentielles, c’est déjà ça !

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23 juillet 2007

Louftinguerie

 

Le principe même de la louftinguerie :

- décorer les fringues sales de la colok d'une couche de sauce tomate en confondant son sac à linge avec une poubelle (maintenant, on est sûr que les fringues sont bien sales)

- Préférer s'asperger de flotte entre colok que de nettoyer VRAIMENT les vitres du balcon (il reste quand même des traces)

- Mettre le volume 24 de la chaîne hifi un samedi à 2h du mat' et faire les marsupilamis sur le parquet histoire de montrer à quel point on peut avoir une déguaine ridicule une fois le verre "de trop" ingurgité (et pas encore dégluti) - Les voisins sont vraiment supers (ou super...sourds)

des matins agités (qui prend la salle de bains demain matin en premier ? ) assaisonnés de musiques souvent semblables d'un jour à l'autre... (!)

des journées à crier pour certains, et a se faire crier dessus pour d'autres...

pour des soirées plus posées...

histoire d'être un peu en forme pour le we (les voisins profiteront-ils encore du volume 24 ???

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Il faut croire que la nouvelle colok nous réussit bien !

TKOOOOOOOOOOOOOOOOOOOO (lalalalalalalalalalaaaaaaaa)

 

13 janvier 2007

Faits d'hiver

Période de solde oblige. Je me pose des questions. Fondamentales.
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L’amour est il comme un vieux pull ? Grande question hautement philosophique. Finalement, après quelques années, un vieux pull perd de sa couleur, de sa rigidité, et sa texture devient terne. Et l’amour dans tout ça ? On le balance tout comme le pull à la croix rouge ?

 

Ça file du mauvais coton hein …pourtant on pourrait faire du recyclage sexoeconomicus (mot à ne pas chercher dans le dico…). Mais finalement, même si on achète d’autres fringues plus tard, on en revient toujours à porter les mêmes, qu’on use et qu’on use encore mais dont on ne pourrait faire sans. Moralité de l’histoire, à quoi bon chercher à faire les soldes quand on a déjà un amour taillé sur mesure. Alors oui on se déchire de temps en temps. Il y a quelques accros ici et là, c’est vrai.

 

Mais j’y tiens moi à ce pull. L’amour ne connaît pas Mappy. Alors des fois, il s’égare, se perd en chemin. Le trajet est sinueux et il faut oublier les raccourcis. Des fois mon pull, je le mets en boule, je le repasse mal, je le frousse, et on fait des plis. J'aime pas les étiquettes. Et on cogite. C'est fondamental.

 

Pourtant …Il le sait. (Ou pas).  On se va comme un gant.

La croix rouge peut bien attendre. C'est clair, ou il faut que je vous fasse un emballage cadeau ?

14 octobre 2006

Mathématiquement Toi.

Les mioches ont des cubes carrés, ronds, triangulaires de différentes formes et de différentes couleurs qu'il faut mettre dans des sortes de moules ...ludique parait il... apprenez bien petits enfants qui faites chier les gens avec vos balons au Flunch, plus tard, ca vous sera util de mettre le triangle dans le triangle et le carré dans le carré, sinon vous allez tourner en rond...

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Je vois ma vie en triangle. Ma vie comme un jeu d'adresse où je commets malgré moi encore bon nombre de maladresses. Il faut parfois du temps pour trouver la combinaison gagnante. Il faut du temps pour étudier toutes les combinaisons possibles et immaginables afin qu'enfin, tout s'assemble, et que tout prenne forme. Enfin. Et puis, c'est beau un triangle ... 

15 septembre 2006

HIIPPPIII BEURSSS DAIII TOOO MIII

Certains sont venus de Londres, d’Evreux… de la campagne profonde…d’autres de la chambre d’à côté…

Famille, amis, collègues, colocs…(et même tout ça mélangé car les frontières sont de plus en plus inexistantes)… pour donner une soirée excellente …

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L’année dernière, j’ai demandé aux gens de prendre des photos. Histoire d’immortalisé le moment…j’ai récolté 24 photos. Cette année, j’ai exigé que les gens prennent des photos ! Résultat : le disque dur comporte 167 photos de plus ! … pour le plaisir des souvenirs, pour le plaisir des yeux … mais aussi pour celui du cœur … 38 sont en ligne sur la petite colonne de droite !

La production remercie :

Claire, Dim, et les colocs pour la aide quant à la préparation culinaire,

Egalement, Merci a Claire, Sophie, Tony, et Val pour la Conception (photo)graphique,

Merci a toutes et à tous pour tous vos cadeaux (j’ai été particulièrement gâté !!)

Merci à Dim pour la conception visuelle, (les bougies !!)

A Claire pour la conception sonore de la fin de soirée ( la compil’ british Sound !)

A JB, Dim, et Jerome, pour leur aide (oh combien utile) pour le décrassage le lendemain…^^

Merci a tout le monde d’avoir apporté sa petite touche de délire, de caractère, enfin son « ptit truc quoi » … qui fait que j’ai passé une soirée AB FAB !!

Je n’ai qu’une chose à dire … l’année prochaine, on reprend les même, ( peut être avec une révélation 2007 en plus qui sait ?!?) ..et on recommence !!!

 

Petite grande pensée aux personnes qui n’ont « pu » venir, c’est à dire à Caro, Anthony, Virgie… et à deux autres personnes (qui se reconnaîtrons si elles lisent ces lignes).

09 août 2006

Les bouses ...en Vrac !

Tu le trouve hautain, et bof ? Non, mais franchement, tu le trouve bof ? Hautain… ? Bon, hautain peut être alors ? Même pas bof ?

Rahhhh, les mecs qui défilent a la parade de Disney font pitié, se ne sont que les pétasses qui se sont fait refoulés au chorégraphies de Mylène. Comme je les plains.

Je l’encaisserai à partir du 8 août ce chéque, ok, ne t’inquiètes pas pour ton découvert bancaire.

Oh et puis de toutes façons, dans les restos chinois ils passent toujours de la musique de merde … Un Winfield SVP. Par 20. Non, un rouge.

Je n’aurai jamais vu autant ses dents .. je le ferai rire plus souvent …

Oui, je sais, pour moi, c œil pour œil, dent pour dent, pour toi, c’est orgasme pour orgasme, sexe pour sexe …My body is your body … to use my body, go for itttttt…

Ouais, si ma tante en avait, on l’appellerait mon oncle …enfin sauf si l’oncle est pd ! hein !

Non, je n’ai pas de clopes. Non je n’ai pas non plus 50 centimes. Je veux juste prendre le métro sans trop me faire emmerder, désolé d’exister ! Pousse toi, je vois plus l’écran.

Coin-operated boyyyy…

De quoi ? L’herbe toujours plus verte dans le jardin d’à côté ?? Mais attention aux bouses…

Beckyyyyyyyyyyyyyyyyyyyyyyyy ???

Faites le 8 pour ré écouter ces choix nouveaux…

Sympa le swing frangin ! Une descente involontaire de cinq marches sans en effleurer une …et moi qui pensait que la rampe des escaloches était pourrie comme pas permis ! Tu as fait du charme au serpent sournois ! Comme quoi, les choses peuvent parfois être instables et pourtant tenir …

Coin-operated…

Et tu dis que tu as le cul bordé de nouilles la grosse ? Vu ton cul, je pourrai plus jamais regarder un plat de pâtes bolo de la même façon… c’est l’indigestion assurée.

Acceptes de la faire cette partie de carte, il va pas te lâcher sinon.

 

                                                                   *************

Lâcher oui…

Rembobinage.

Moi aussi j’aimerai bien me lâcher un peu ce moment, j’ai un peu de mal à digérer le trop plein…façon avance rapide, j’aimerai bien passer un peu au vert, et fumer ma clope. Dans le peu de temps imparti, je me résigne à dresser l’inventaire de quelques brides de phrases, de conversations en vrac, dites et prononcées ici et là…allusions et clins d’œil suggérés … se reconnaîtra qui pourra, où qui voudra …

08 août 2006

Un carton, puis deux, puis trois ...

...

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Et toute cette pile de feuilles …là dans le fond de l’étagère, doit elle filer à la poubelle ? Je ne sais trop comment présenter cet article. Et pour cause, je viens de me prendre un flash back de non pas une journée ou deux, mais de plus de dix ans…d’un coup d’un seul. Le genre de chose qui n’intéresse personne, excepté sa propre personne, puisque fondamentalement lié à son propre nombril, et son propre passé, maintenant à sa propre nostalgie, à ses propres remords et regrets.

 

Mes parents déménagent. 20 ans de vie dans une même maison qui vont être chamboulés. On me demande de reprendre à l’avenir mes habitudes et mes marques dans des murs (que je n’ai encore jamais vu) et au sein desquels je sens que je ne pourrai éprouver un autre sentiment que celui du vide. Alors allons y … faisons les cartons…puisqu’il le faut. Puisqu’il faut mettre sa vie en boite…

 

Un jour, je disais à quelqu’un (pour ne pas citer son nom…) que je rangeais mes souvenirs dans des boites, des boites souvenirs. C’était une image, une façon de parler. A proprement parler, il n’y a jamais eu de boites si ce ne sont celles archivant précieusement les courriers reçus au fil des années et celles de mes cours des années antérieures. Aujourd’hui j’ouvre tout, je trie. Que vais garder, que vais-je jeter ? J’y retrouve des lettres de garçons et de filles dont je me souviens très bien. De vieilles photos. Et je me remémore certaines vieilles anecdotes.

 

Aurore (auto renommée Agat) m’a annoncé qu’elle était enceinte lorsque nous étions en classe de 3ième. Elle avait quoi ? 15 ans…j’étais le deuxième à être mis au courant si mes souvenirs sont bons. On se baladait, et la nouvelle est tombée comme ça. Son petit garçon est né la veille du jour de mon anniversaire. Elle a bien essayé de se retenir pour l’expulser le 24 août, mais le petit était trop pressé de sortir, et aujourd’hui, je ne sais même pas quel âge a ce brave petit bonhomme que cette mère, mon ex meilleure amie, a du élever sans père, et avec une mère détraquée psychologiquement, au point de vouloir faire enfermer sa propre fille pour garder son petit fils auprès d’elle. J’ai revu Agat il y a de cela quelques mois. Toujours identique à elle-même. Mais force est de constater que je ne lui ai pas accordé de disponibilités à la hauteur de notre ancienne amitié. On s’est de nouveau éloigné, mais plus de courrier pour tenir les liens. Bientôt plus d’adresse d’ailleurs…

 

Axelle HOSTON, mais qui est cette fille ? C’est qui celle la ? Il ne me reste plus qu’à relire la lettre pour mettre un visage sur ce nom. Mais je l’ai rencontré quand ! On a du sortir ensemble vu la tournure des mots. C’était quand même pas cette cruche rencontrée sur une brocante ? C’est dingue, d’après sa lettre, d’après ses mots, on avait l’air si proche…comment ai-je pu l’oublier. Bon, jouons la carte de la logique, regardons la date … pas de date. L’adresse d’expédition ! … Valenciennes ! Donc je l’aurai connu à Valenciennes ! Cela date donc d’il y a maintenant plus de trois ans. Le choc. Brutal. Violent. Axelle ! Mais bien sur, comment ai-je pu t’oublier ? J’avais rencontré cette fille deux jours avant mon déménagement pour Lille, mais le courant était remarquablement bien passé ! On était, en l’espace d’une soirée, devenu de grands confidents. Elle y avait connu un pote de l’époque. Un de mes meilleurs potes du prénom de Laurent dont je retrouve aussi quelques mots ici et là. J’ai son adresse, pas de téléphone. Je ferai des recherches. J’obtiendrai son téléphone, et je prendrai des nouvelles. Elle a du changer. Mais elle doit être toujours aussi belle. Peut elle lui arrive t-il encore de danser sur Mother And Father ? Et peut être aura-t-elle encore son grand collier noir. C’était en forme de soleil qu’il était ? je n’ai vu son pére qu’une fois, il était sympa. Le couloir d’entrée était grand. Sombre, comme toutes les baraques de Valenciennes…Les détails s’enchaînent, se bousculent, et s’entrechoquent. Mission : retrouver Axelle ! Peut être d’autres indices…au fond de la grande boite, cherche Jérémy, …ah non, cette lettre, c’est quelqu’un d’autre… eh oui Laurent, nous y sommes allés à deux à ce concert ! 15H47 ! C’est écrit … le 27/10/200… ? La première fois que je regardais MD. Oui, Mulholland drive. Et tes « M » dessinés à la façon de Marilyn Monroe. My name is Luka, I live on the second flor… I try to be a boy, I try to be a girl, I try to be a mess, I try to be the best…

 

C’est ainsi que d’autres personnes reviennent. Et revivent.  Des ex… des amis, des amies. Des pages d’agenda déchirées, sur lesquelles nous mettions des petits mots pendant les cours et pendants les permanences. Mélanie, en classe de 3ieme. Elle aussi a eu un enfant. Elle détient le record des petits mots sur agenda. Finalement, elle a du plus écrire que moi sur mon propre agenda. Emilie …c’est dingue. Elle m’a discerné le diplôme de meilleur ami. Courrier suivant, et bien Agat aussi ! un « diplôme » similaire lors de ma fête pour mes 18 ans… et des photos le prouvent. Je vous vois sur la photo. Eh toi au milieu, je me souviens que tu as bu autant que moi. Tu t’étais trompé cette nuit là, il n’y avait qu’une seule lune. Le reste, c’était des étoiles filantes. J’aurai du faire un vœu.

 

On continue, on continue…Sophie, ma prof de français de seconde. Une droite, un gauche, c’est bataille avec les souvenirs. C’est elle qui m’a appris à manier un peu les mots, à les entremêler, et à jouer avec. C’est elle qui a d’ailleurs su trouver les bons après mes lamentables résultats du bac français. Oui, une bataille. Et je suis KO. Qu’est ce que j’ai fais de ces années ? J’ai plusieurs téléphones, plusieurs adresses. Je vais avoir de quoi faire une série TV. Il y aurait beaucoup de personnages. Sophie, Agat, Mélanie, Jonathan, Cédric, Anne so, Claude, Nathanaelle (oui ma belle, avec un H ! et oppp encore un souvenir de plus, aujourd’hui, tu t’achève Jerem’), Domitille, Cécile, Axelle, Laurent, Myriam, Fatiha, Angélique (je ne me souviens plus de toi, …..Mais qu’est ce que j’ai fais ?) ludivine (tu me faisais chier !) Nicolas (Mézierrrrrre !!!! tes joues se portent comment aujourd’hui ?) Kevin (désolé pour Barbara…en 9 ans d’absence, tu as bien du rencontrer quelqu’un d’autre, désolé de te répondre si tard…), etc etc etc etc etc etc etc etc etc etc etc etc .

 

Des mots qui datent de plus de dix ans parfois. Les mots de mon premier grand amour. Avalanche de souvenirs une fois de plus. Gorge nouée. Mais qu’est ce que j’ai fais de ma vie… ? Et il reste encore les cours à trier dans d’autres cartons. Une mine d’or. Mon premier dessin d’art plastique : une statue typée égyptienne. Mon carnet de correspondance, même plus de tickets de retards disponibles, je ne me souvenais pas avoir tout écoulé. Bien sûr j’étais toujours malade. Les signatures des mots d’excuses sont d’une grossièreté déplorable. Ma mère n’a pas du le voir souvent ce carnet de correspondance ! Mon cahier de cours d’anglais de 6ième ! Et un, deux, trois, quatre autres de 3ieme ! Madame Huart. Il y est inscrit sous le nom de la prof «  grosse pute qui sait tout et qui s’intéresse à tout ! ». Et bien oui, maintenant, je me souviens bien de toi. Tu étais tyrannique, irrespectueuse. Je t’en ai fait baver.

 

Une liasse papiers plus tard, (quelques années plus tard qui passent en deux secondes), je tombe sur une autre grosse enveloppe avec les mots d’une certaine Isabelle. Consciencieusement rangés par ordre chronologique d’écriture, les mots rappellent la aussi bien des histoires. Partie d’un délire sur les bouchons, puis sur les cactus, elle a connu une époque de ma vie. J’ai connu une partie de la sienne. Ca parlait sexualité, piercing, enfance, boulot, métro, dodo. Aujourd’hui, ça ne parle plus. Son vœu est exaucé à l’autre aussi…

 

 

Axelle, je vais te retrouver. Toi aussi Sophie. Carole, Anaelle, Cédric, vous etes les seuls a qui je parle encore. Laurent, je te tuerai. Agat, il faudrait que je trouve du temps. Coralie, nous ne pourrons plus crier « encore une foiiiiiiiissss ! » pour reprendre la chanson de Sash en cours de sciences physiques. Mais j’ai même retrouver ma vieille trousse verte. Alice, le Titi que tu n’avais dessiné sur mon cahier d’espagnol était trop réussi et avait un air coquin. Je ne te l’ai jamais dit, mais j’étais dingue de toi. Sandra,  nous ne pourrons plus danser la Macarena sur les tables de chimie. Tu crois que madame Faure nous menacerait encore de se suicider pour que l’on se calme ? Qu’on pourrait encore écraser ses œufs de je ne sais quoi dans les livres ? nous serait-il possible de la bombarder de ses propres jouets d’expérience comme ses fameuses pattes de poulets par exemple ? On aurait pu le tuer Thomas Duhoux ( Du Choux) en lui vaporisant de la bombe anti-moustique dans son nez. Souviens toi, il faisait de l’asthme ! il s’est écroulé par terre. Il était bien rouge. On a failli se faire expulsé du collège ce jour là. C’est d’ailleurs moi qui avais signé ton carnet de correspondance…enfin ce qu’il en restait. Autre question : Madame Faure parviendrai t-elle à attraper les avions en papier la prenant systématiquement pour cible ? Si elle est encore perchée sur ses hauts talons de 20CM et derrière ses lunettes de soleil en forme de cœur et ce, en plein mois de décembre, j’en doute.

 

Une pile. Plus haute, encore plus haute. Et encore un peu. Encore des lettres, encore des cahiers de cours.  Au final, deux piles de feuilles qui m’arrivent jusqu’au bas du ventre. Dix ans de cours triés. De mots oubliés. De secrets dévoilés. De souvenirs ravivés. Dix ans de vie qui n’appartiennent plus à la vie actuelle. Des papiers qu’il faut jeter car on c’est qu’il n’auraient plus grande utilité à présent. Pourtant, parfois, on aimerait en garder quelques uns, et les montrer aux protagonistes dont il est question, tous ensembles réunis autour d’une même table, à boire un verre tout en fumant une cigarette. 

 

Axelle, je te l’ai dis, je te l’ai écris. Cela t’a d’ailleurs fait plaisir. Tu me l’a dit, tu me l’as écrit. Je viens de le relire en tout cas. « Il y a des personnes avec qui on s’entend bien, sans trop savoir pourquoi, sans trop savoir l’expliquer ». Il faut vivre, avancer, courir, déménager. Faire un autre carton, et jeter celui-ci. La différence avec les cartons et les souvenirs, c’est que pour les souvenirs, il n’y a pas de poubelles pour les y mettre. Demain, ils seront encore là. Peut être aurai je fais disparaitre les preuves matérielles de ces tourments, mais la mémoire est là, et le restera.

 

En quelques heures, j’ai revécu plus de dix ans. Je me retrouve là, les murs sont déjà bien vides. La mémoire pleine. Les traits du visage tirés…et je n’ai regardé qu’un échantillon de ce que je dois emballer (ou jeter). La maison a une odeur. On peut la sentir de façon plus prononcée en montant les escaliers. Je n’aurai plus cette odeur. Mélanie, toi aussi tu avais une odeur particulière qui paralysait. Le recensement de ces cartons à des allures cataclysmiques. Toi, lui, elle, et lui aussi, mais j’oublie encore elle, mais c’était sans compter sur lui, qui était toujours avec elle, qui était de frère de lui, qui parlait cesse d’elle, qui a accouché de lui…

 

Tout ce petit monde ne s’est pas donné RDV dans dix ans. Ni même jour, ni même heure. Ces trucs la, c’est juste bon pour les chansons à la con. Non non, pas de RDV pour nous. Et dire que je n’ai exposé ici qu’un échantillon. Il me reste encore tant de chose à trier.

 

C’est dingue.

C’est dingue comme tu n’as pas changé, puisque je ne t’ai jamais revu ! Par conséquent, dans mon esprit, tu as encore ce visage, ces cheveux, ce sourire, ces habits ridicules, cette façon de crapoter, et tout ça. Et tu as toujours 13 ans. Le papier a jauni. Les photos aussi. Mais tu n’as pas vieilli. Il y a des souvenirs qui ne prennent pas une ride. Je ne m’en étais pas vraiment rendu compte jusqu’à présent.

.

C’est dingue tout ce que j’ai pu oublier. C’est dingue, c’est dingue, c’est dingue !

 

« Non maman, je vais bien. Je suis juste …euh …juste fatigué. Oui, je vais le jeter ce carton là. Non ! Pas celui là, l’autre… ! ».

 

J’aurai du le faire CE vœu. Devant moi, je ne serai pas devant un tel puzzle émotionnel avec tant de questions sans réponses.

 

C’est dingue…

C’est dingue tout ce que j’ai pu emmagasiner comme choses, comme détails.

C’est dingue comme j’ai pu vivre

 

Il parait que tu es partie vivre à l’étranger ?

Aujourd’hui, je n’ai plus eu de nouvelles, tu dois y être …encore.

Il parait qu’avant de mourir, il nous est possible de revoir notre vie en accéléré, un peu comme dans un film avec une bande de mauvaise qualité.

Aujourd’hui, je suis mort. Va falloir un carton supplémentaire.

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