12 novembre 2008

La moitié des gens

 

La moitié d’entre eux ne sont plus que des fantômes. Un petit tri pourrait s’imposer dans cette liste, mais bon, je n’ai soit pas le courage, soit pas le courage. Choix cornélien oblige, il n’y aura pas de tri dans la liste. Juste un manque de considération flagrant.

Les pseudos défilent, adossés à chacun de ces contacts. A croire que plus personne ne peut se présenter sans ajouter un « petit quelque chose » pour se montrer divertissant aux yeux des autres. Seulement, je vais annoncer une vérité vraie (sisi), tout le monde (et OK, surtout moi) se fou des pseudos. Bien évidement, en mode « pleine désolation » face à ce manque d’épaisseur de certaines conversations, il fallait bien que je m’occupe, à observer de plus prêt ces dits « pseudos ». Moi qui pensait pouvoir encore trouver un peu de relief, c’est aride comme découverte : j’avais soif de piquant, de conversations qui sortent des sentiers battus, quelque chose qui soit …en 3D, …bref,…

Alors, voilà, il y a celui qui s’annonce (en toute modestie) comme étant « your life advisor : can help you to achieve all of your dreams ». Je l’aime beaucoup celui là. Oui, bien sûr, passe ton BAC, on reparlera après de la gestion de ma carrière coco. Heureusement, il annonce également changer de vie, et de pays. Avec un peu de bol, il partira peut être assez loin cette fois pour ne plus avoir accès à Internet. Il y a celle qui étale fièrement son retour de… (Attention, lieu tant convoité….suspens…) de l’H2O. Après tout, c’est vrai que c’est littéralement extraordinaire ! Plus personne de nos jours ne sort en boîte…Autres exemples ? « Je pense et j’agis, j’avance insoumis, je rêve de toi mais au final, tu n’es pas là ». Hum. Eh…t’as pensé à regarder derrière ton écran de PC ?? Quelqu’un aurait deux secondes pour pleurer un quart d’heure avec ce pauvre p’tit bouchon ? J’envisage plus une collecte pour offrir à cette pauvre âme écorchée une thérapie. « Lui » attend les photos de Romain. Mais siii voyons, c’est écrit noir sur blanc (ou presque). Sauf que nous en s’en fou de ces photos, d’autant plus qu’on ne sait même plus qui tu es tellement ta vie nous passionne ! « Soirée d’anniversaire trop cool ». Cool de le savoir. Sauf qu’on s’en fou aussi. « La culture c’est comme la confiture, plus on en a, plus on l’étale ». Oui. OK. Pourquoi ne pas avouer « j’ai pris le dico des proverbes et autres expressions édition 1859 de mon arrière grand-mère, et encore, j’suis pas foutu de recopier sans faire trois fautes à chaque mot. « La pluie ferme mes yeux, mes larmes comme un acide dévorent mon visage ». Thérapie acte 2, j’espère qu’ils font des prix de groupe, à ce train là, je devrais songer à me reconvertir, il y a de l’avenir dans la psychothérapie. « Parti arbitrer à Capelle ». Que tu sois à Capelle ou à Miami, en train d’arbitrer ou de branler un Koala, …ça changera pas le court du monde ; un statut « absent » aurait été plus approprié, un statut « mort » plus réjouissant. Encore une soirée ici, une autre là. Merci. Ma liste de contacts devient un journal de bord. Il y a le dernier contact, celui qui s’appelle « si vous n’avez rien d’intéressant à me proposer, jartttttez ». Je rêve, en voilà enfin un avec qui je suis d’accord, si on met de côté le fait qu’il puisse s’agir d’une invitation à tendance sexuelle (ce pseudo serait-il un « tir groupé » ?).

La moitié de ces contacts, que je ne contacte plus (les ai-je déjà « contacter un jour ??) ne sont plus que des fantômes. Alors j’ai décidé d’être un des leurs, et de me connecter en statut hors ligne. Ces pseudos sont censés susciter un intérêt quelconque, un quelque chose, tant et si bien qu’on ait envie d’aller parler, découvrir, d’échanger. Seulement, voilà, je m’en fou. Tant et si bien que c’est vide comme « commentaire général ». J’imagine déjà la scène des trois pauvres internautes égarés qui auront eu le courage (prouesse ?) de lire entièrement cette note : « non mais t’es vraiment débile comme mec, et puis si ça te saoule autant, ben ne te connecte pas ». Pfff, aucun sens, et puis merde. Aucun sens, tant et si bien que je ne trouve même pas de titre pour cette « note ». Vous vous en foutez. Alors tant mieux, j’ai peut être réussi à montrer oh combien on peut se foutre parfois de ce qui se passe chez les « contacts ». Parfois. La moitié du temps. Pour la moitié des gens. Vive MSN.

Il y avait longtemps que je n'avais pas poussé un coup de gueule.

Ca n'a manqué à personne.

Il y avait longtemps que je n'avais pas poussé un coup de gueule.

Ca fait du biiiiiiiiiiiiiiiiennnn.